Les cours de chinois font le plein

Ecrit par AREFC sur . Publié dans Actualités

19 août 2013

Une forte croissance des inscriptions d’étudiants de tous âges est attendue à la rentrée. Maîtriser cette langue devient un atout.

« Et maintenant, dictée. » Il faut du courage pour se lancer dans un exercice de calligraphie, un 15 août à Paris. Le manuel imprimé en noir et blanc est un brin austère. C’est pourtant le choix de Michel, informaticien de 54 ans, qui, chaque semaine de l’été, prend une leçon d’une heure et demie avec la pimpante Hu Wang, jeune professeure du Chinese Institute. « Cela fait trois ans que je suis des cours de mandarin par goût pour cette culture. Un jour peut-être, je travaillerai avec des Chinois. »

En 2012, le Chinese Institute a accueilli environ 200 élèves. Joli score pour une école créée il y a seulement trois ans. Le nombre d’inscriptions a doublé chaque année, tant la demande est forte de la part d’étudiants et de professionnels, conscients que leur avenir se joue en Extrême-Orient. « Parler en mandarin, même mal, est toujours bien vu pour développer une activité dans l’empire du Milieu. Beaucoup de Chinois s’expriment difficilement dans une langue étrangère. Ils apprécient nos efforts », assure Cécile Bertrand, fondatrice de l’Institut du chinois. Autre argument : d’après une étude menée par l’université de Louvain, en Belgique, les sinophones ont un bonus de 7% sur leur salaire.

En France, 48.000 étudiants

Plus de 33.000 élèves du secondaire, en France, ont coché l’option mandarin, la langue désormais la plus parlée dans le monde. Ils étaient 13% plus nombreux qu’en 2011. Avec l’ajout de la Corse en septembre, toutes les académies de France proposent désormais cet apprentissage. Le chinois est passé de la neuvième à la cinquième place des langues enseignées. La tendance est identique dans l’enseignement supérieur, avec 17.000 étudiants sinisants, en fac ou dans les grandes écoles (HEC, ENA, École polytechnique…).

« Cette forte croissance s’accompagne d’un déficit préoccupant d’enseignants titulaires », regrette cependant Joël Bellassen, inspecteur général de chinois au ministère de l’Éducation nationale. Une carence qui profite aux intervenants classiques (Acadomia, Berlitz…), ainsi qu’aux nouveaux venus, qui poussent comme des champignons : Passeport pour la Chine, Institut du Chinois… Car le marché va rester porteur : il faut environ 12.000 heures d’études pour maîtriser le chinois.

Les classes les plus nombreuses sont composées d’adultes qui utilisent le DIF (droit individuel à la formation) ou le CIF (congé individuel de formation) pour financer leurs cours. Ces crédits d’heures permettent de se perfectionner en accord avec son employeur. Les entreprises du luxe, de la finance et du vin envoient des bataillons de cadres se former.

Pékin a créé un diplôme, le HSK

Conscient du pouvoir de la langue, Pékin a formalisé l’apprentissage du mandarin en créant le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi). Ce test international se veut l’équivalent du TOEFL anglais : une référence pour évaluer le niveau des élèves. Une quinzaine d’instituts Confucius, équivalent des Alliances françaises à l’étranger, transmettent la bonne parole à Paris, Clermont-Ferrand ou encore Arras.

De fait, l’enseignement dépasse vite les questions de grammaire et de prononciation. Maîtriser l' »étiquette » est crucial. « Les cours de langue évoluent naturellement vers le coaching culturel, confirme Abel Ségrétin, conseiller pédagogique au Chinese Institute. Nous apprenons aux élèves à présenter la carte de visite, à répondre aux questions sur les salaires, qui, en Chine, ne sont pas indiscrètes. »

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